Ferdinand Magellan

Fernand de Magellan, devenu le célèbre navigateur portugais, est né vers 1480 à Porto ou à Sabrosa, dans la région de Tras-os-Montes. Fils d’un gentilhomme portugais, Fernand est élevé à la cour de Jean II de Portugal. Après 1495, le jeune homme entre au service de Manuel Ier, qui succède au trône.
À partir de 1505, Fernand participe à différentes expéditions maritimes vers l’Inde et les îles des épices en Asie du Sud-Est, qui lui permettent d’acquérir une importante expérience de la navigation. Le marin rentre au Portugal en 1512, où il participe à des combats en Afrique du Nord. Mais Magellan tombe en disgrâce auprès du roi et doit quitter le service royal. Il rompt alors avec son pays natal et se rend en Espagne. Grâce à l’aide d’amis influents, il rencontre le roi Charles Ier d’Espagne, futur empereur Charles Quint, et lui propose un plan : atteindre les îles des épices, non pas par la route connue qui contourne l’Afrique, mais en naviguant vers l’ouest, à travers l’océan Atlantique puis en cherchant un passage à travers l’Amérique du Sud.
Charles Quint est séduit par ce projet. En 1518, un contrat est conclu, garantissant à Magellan une partie des revenus des terres qu’il pourrait découvrir au cours de son voyage. L’accord lui accorde également certains droits sur les territoires découverts, ainsi qu’à ses descendants.
Le 20 septembre 1519, Fernand, à la tête d’une expédition de cinq navires, quitte Sanlúcar de Barrameda, après avoir quitté Séville, et prend la mer. La flotte passe par les îles Canaries, puis traverse l’Atlantique et atteint la côte du Brésil. Les marins longent ensuite la côte de l’Amérique du Sud vers le sud et explorent l’estuaire du Río de la Plata à la recherche d’un passage vers l’ouest. Ne trouvant pas de passage, l’expédition poursuit sa route le long de la côte de la Patagonie. À la fin du mois de mars 1520, les marins établissent leurs quartiers d’hiver à Puerto San Julián, où Magellan doit réprimer une importante mutinerie de ses hommes.
L’expédition reprend la mer le 24 août 1520 et, le 21 octobre, elle arrive enfin à l’entrée du détroit qu’elle cherchait depuis plusieurs mois. Ce passage sera plus tard nommé « détroit de Magellan ». La traversée du détroit est extrêmement difficile et dure trente-huit jours. Entre-temps, le navire Santiago fait naufrage et le San Antonio abandonne l’expédition et retourne en Espagne. Enfin, les trois navires restants atteignent le grand océan, où règne un calme relatif, ce qui conduit Magellan à le nommer « Pacifique ». Les marins naviguent sur cet océan pendant près de trois mois. La traversée met les hommes à rude épreuve : les vivres et l’eau fraîche viennent à manquer à bord ; les pertes humaines liées au scorbut sont considérables et, pour ne rien arranger, l’état d’esprit de l’équipage devient de plus en plus inquiétant.
Le 6 mars 1521, la flotte atteint enfin Guam, dans les îles Mariannes, où les marins restent quelque temps pour se reposer et se ravitailler. Ils poursuivent ensuite leur voyage vers les Philippines, qu’ils atteignent quelques jours plus tard.
Puis, l’expédition poursuit sa route vers les Philippines. Magellan arrive sur l’île de Mactan et tente d’imposer l’autorité de l’Espagne au chef local, Lapulapu. Le 27 avril 1521, le navigateur trouve la mort au cours des combats avec les habitants de l’île. Une partie de son équipage est également tuée. Les survivants quittent ensuite les Philippines avec les navires restants. Sur la route vers l’Europe, ils atteignent les îles Moluques, en Indonésie, où ils prennent une riche cargaison d’épices.
Un seul des cinq navires de l’expédition de Fernand de Magellan, le Victoria, réussit finalement à rejoindre l’Espagne. Commandé par Juan Sebastián Elcano, le navire arrive à Sanlúcar de Barrameda le 6 septembre 1522, après avoir emprunté la route autour du cap de Bonne-Espérance. Ce retour achève la première circumnavigation connue de la Terre, même si Magellan lui-même n’a pas vécu assez longtemps pour l’accomplir.



