Le Monde

Un tueur du XIX ème siècle

L’enfant naît en mars 1849, dans le Gers, le département français de la région Midi- Pyrénées. Sa mère décède prématurément, victime du travail pénible quotidien et du caractère imprévisible d’un mari alcoolique et violent…

L’enfant est devenu un jeune homme de 18 ans. Maintenant, il travaille dans une ferme du département. Quelques mois plus tard, il est le témoin d’un crime épouvantable. Une domestique a été tuée, on la retrouve sans vie… avec une fourchette plantée dans la tête. Mais par chance, le garçon a vu l’assassin, il le décrit avec précision, car le tueur s’est enfui sous ses yeux…

Après avoir accompli son devoir civique, le jeune homme de 24 ans devient gendarme en 1873. Mais il renie son engagement car il veut devenir typographe.

Huit ans se coulent, avant que l’armée rattrape le déserteur et lui ordonne d’accomplir sa période réglementaire de réserviste à Toulouse. Et ici, dans le sud de la France, il tue une veuve. C’est étrange, le mode opératoire ressemble au crime, dont il fut le témoin… Cette ressemblance troublante entre les deux affaires reveille les soupçons de la police et l’homme est conduit devant la cour de justice du Gers. Mais les preuves contre lui ne suffisent pas de démontrer sa culpabilité et il est acquitté…

Le jeune homme retourne dans les Vosges, où il retrouve sa femme et ses enfants. La famille est pauvre, l’argent manque, le quotidien est dur, la vie compliquée… Mais le père de famille a trouvé la solution. Il met sa pèlerine, sous laquelle il cache armes et outils pour tuer ses victimes et pour les voler. Il retourne tiroirs et armoires dans leurs maisons, il fouille les buffets, il cherche les bijoux des victimes. L’homme tue un couple à coups de hache et de marteau. Puis encore un couple buraliste. Le père de famille sait qu’après tels crimes commis dans les Vosges, il peut être démasquer par la police. Alors, il décide de quitter le département et se fait embaucher dans une imprimerie de Pont- à- Mousson, une commune de Meurthe- et- Moselle. La nuit, l’homme fréquente bars et maisons closes et les filles le surnomment « l’homme à la pèlerine ». Un couple de brocanteurs est assaciné. Comme une veuve et une gérante d’un cabaret…Les meurtres sont sauvages et atroces. Mais « l’homme à la pèlerine » qui a maintenant 38 ans, est maladroit et imprudent. En février 1889, il fut identifié et arrêté sur le quai de la gare d’Epinal. Son procès se tient à Nancy, où il est guillotiné la même année devant la prison Charles- III.

Un article publié dans le journal de Nancy, « L’Impartial de l’Est » de juin 1889, évoque le parcours de cet homme. Il s’agit de Jean Dauga, ce Gascon, qui a assassiné une dizaine de personnes.

A l’époque, le terme « tueur en série », ou « serial killer » en anglais, n’existait pas encore. Aujourd’hui, les sciences criminelles utilisent ce terme pour désigner une personne qui tue à multiples reprises.

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