Sorciers et magiciennes
Les sorciers et les sorcières, les magiciens et les magiciennes vivent parmi nous depuis toujours. Dans chaque recoin de la tere et dans chaque croyance, on trouve des récits concernant ces êtres étranges. Vieux ou jeunes, repoussants ou beaux, méchants ou bienveillants, ils peuvent se cacher ou se montrer à leur guise.
Généralement, le magicien est un vieil homme à la barbe et aux cheveux longs et blancs. Vétu d’une robe et d’une cape, souvent ornées d’étoiles ou de symboles magiques, il est doté d’un bâton ou d’une baguette magique. Sur sa tête se trouve un grand chapeau très pointu. Le magicien connait beaucoup de choses sur terre. Il s’intéresse à l’astronomie et aux autres sciences. Il sait percer les secrets du monde des plantes et des animaux.
Chaque magicien, qui se respecte, doit savoir prédire l’avenir. Pour cela, il se sert de sa boule de cristal enchantée. Un magicien ou un sorcier peut être rempli de bonté comme de méchanceté… un exemple pour cela est « Le Seigneur des anneaux », où on sympathise avec Gаndalf, le bon et sage magicien, qui accompagne Frodon et les autres héros de l’histoire.
Au Moyen Age, beaucoup de magiciens se mirent en tête de découvrir une méthode pour changer les métaux en or, grace à une matière, appelée « pierre philosophale ». Ils déchiffraient des livres anciens, cherchaient des minéraux, réalisaient des potions magiques. On les nomma alchimistes.
Ainsi, vers 1 400, un français, Nicolas Flamel, se vanta d’avoir trouvé la pierre philosophale, qu’il utilisa afin de garder sa bonne condition physique… difficile de prouver cette affirmation… mais le doute s’installa et on nota, qu’il était en excellente santé au moment de sa mort…
A l’époque de la reine d’Angleterre, Elisabeth Ire, John Dee prétendait détenir un livre magique, qui contenait la formule pour transformer les métaux en or.
Les sorcières et magiciennes sont des femmes, qui ont des pouvoirs surnaturels.
La magicienne est une belle et jeune femme, bien habillée et bien coiffée. Elle vit dans une tour ou dans un petit château. Elle a une allimentation comme les autres gens, mais parfois elle peut avoir des goûts de luxe. La magicienne est compréhensive et bienveillante, elle utilise des potions, qui préservent la jeunesse, la santé et l’amour.
Une sorcière est présentée comme une vieille femme, très repoussante et méchante, qui fait peur à tout le monde, et surtout aux enfants. Presque toutes les sorcières savent se métamorphoser. Elles peuvent prendre l’apparence d’un chat de noir, d’une louve ou d’un oiseau comme le corbeau. La sorcière lit l’avenir dans un miroir ou dans une boule de cristal. Elle sait aussi préparer des potions dans de grands récipients ronds en métal, les chaudrons. La vieille sorcière vit dans des grottes, des petites cabanes ou des arbres creux, en pleine fôret, loin de tout, où elle fait ses tours de magies sans être vue et observée. Une telle femme mange surtout… des enfants ! Le conte de « Hansel et Gretel » des frères Grimm en est le parfait exemple… et dans les pays de l’Est, chaque enfant connait Baba Yaga, qui vit dans sa cabane, perchée sur des pieds de poule.
Une vraie sorcière sait voler sur une baguette fourchue, sur une bêche ou sur un vélo (une version plus moderne). Mais le balai reste son moyen de locomotion préféré dans le transport aérien. Elle est reconnaissable même dans le ciel avec son chapeau noir et pointu.
Il y a plusieurs siècles, il suffisait qu’une femme vive seule, avec un chat ou un oiseau, pour qu’elle soit suspectée de sorcellerie.
Entre les XV et XVIII siècles, en Europe, on était convaincu que les sorcières vivaient parmi les braves gens. Et les croyants étaient persuadés que ces étranges femmes complotaient pour détruire l’Eglise catholique. Une « profession » a vu le jour pendant cette époque, les « chasseurs » de sorcières. Impitoyables et sans relâche, ils traquaient les sorcières, car ils savaient les reconnaître et les neutraliser. Ainsi, beaucoup de femmes ordinaires (et parfois des sorciers) furent accusées de sorcellerie.
De nombreux témoignages relataient des histoires de sorcières, qui volaient dans le ciel ou qui s’approchaient d’eux sous les traits d’un chat noir. Mais surtout, on savaient qu’elles se rassemblaient la nuit au sabbat pour s’adonner à la magie noire.
Beaucoup de moines, en tant que saints hommes de l’Eglise, essayaient aussi de mener un combat contre les sorcières. Ils écrivaient des « manuels », où ils donnaient des consignes comment reconnaître une telle femme, comment se protéger d’elle et avant tout, de ne pas hésiter à la dénoncer devant les Autorités.
Seule dans sa cellule monastique, à peine avoir mangé ou en période de jeûne, frissonnant de froid, le moine écrivait sous la faible lueur d’une bougie. Tard la nuit, au beau milieu d’une tempête ou en plein hiver, avec des volets, qui claquent, avec le vent, avec des murs et le sol, qui craquent, le moine voyait l’oeuvre du Diable. Et souvent, à croire les écrits du saint homme, dans un moment comme celui-ci, le Diable se présentait devant lui avec ses yeux rouges, en agitant sa queue, en criant et en tirant sa langue… et il s’amusait même à tirer les cheveux et les vêtements du pauvre moine… Et pire encore, l’homme voyait des sorcières, qui volaient devant sa cellule et qui venaient le tenter… toutes nues.
Alors, l’Eglise élabora toute une liste d’épreuves pour les femmes, accusées de sorcellerie, en espérant qu’elles pouvaient prouver leur innocence… Ainsi, la femme en cause était examinée pour vérifier qu’elle ne portait pas de marques sur son corps (malheur à celle qui avait une tache de naissance ou une cicatrice). On la torturait sur un chevalet, on la privait de sommeil, on la plongeait dans l’eau, car une sorcière était censée toujours flotter, on lui infligait des brûlures, car selon la croyance, la sorcière ne pouvait pas guérir de ses plaies. Et si l’accusée passait toutes les épreuves avec succès, c’est qu’elle n’était pas une sorcière… dans le cas contraire, elle était brûlée vive.
En 1644, l’anglais Matthew Hopkins, devenu « chasseur » de sorcières, prétendit avoir découvert six femmes aux pouvoirs anormaux dans la région de l’Essex. Il provoqua le chaos, en accusant des femmes partout dans le pays. Sa méthode consistait à arracher des aveux à des femmes, avec succès.
En 1692, dans la petite ville de Salem, dans le Massachusetts, les Etats- Unis, un cas de sorcellerie devint très célèbre. Deux jeunes filles commencèrent à se comporter étrangement. On constata, qu’elles étaient ensorcellées et plusieurs adultes furent accusés. Vingt- trois personnes furent reconnues coupables, emprisonnées et quelques d’entre eux exécutées.



