Le Monde

Au service de Wudi

Dans la cour du grand empereur chinois Wudi, monté sur le trône en 141 av. J.-C., on vient pour lui rendre hommage, pour lui offrir des cadeaux et lui temoigner la gratitude. On y vient de loin pour voir cet empereur puissant, qui a fait construire l’Académie impériale, qui créé de magnifiques jardins, qui organise des fêtes splendides.

Wudi s’entoure de savants, d’artistes et de fonctionnaires, qui remplissent les documents officiels. A la cour, les sujets de l’empereur vivent bien, mais ils ne doivent pas oublier de lui montrer son respect et surtout de ne pas le contrarier.

C’est un empereur, qui aime montrer sa richesse, qui participe aux festivités et aux banquets, qui aime être flatté par ses invités.

Wudi reinitialise la cérémonie « Feng et Shan ». On y pratique des sacrifices d’animaux, destinés au ciel et à la terre. L’empereur fait appel à Sima Tan, le « Grand Astrologue en chef », qui doit définir, avec l’aide d’autres savants, la date et l’heure de la cérémonie, ainsi que le choix des animaux à sacrifier. Cette fois, ça sera un boeuf. On détermine son état, sauvage ou domestique, et sa couleur. Après la fin de la cérémonie, le Grand Astrologue et les savants partent en direction de la Montagne sacrée, où ils seront au plus près des Divinités, dont on cherche la protection et le pardon. Mais Sima Tan décède en chemin. Après trois ans de deuil obligatoire, son fils, Sima Qian, devient à son tour « Grand Astrologue en chef ». L’homme a acquis le savoir de son père, mais il s’intéresse aussi à la vie autour de lui, aux événements de la cour et du pays. Astrologue et savant, il devient également un grand historien et écrivain de son époque. Sima Qian décrit tout, ce qu’il observe, qui l’impressionne ou le révolte. Ainsi, il écrit à propos de son père: « Mon père s’occupait des étoiles et du calendrier, pourtant l’empereur Jingdi (le père de Wudi) le regardait comme un jouet et l’entretenait comme un chanteur ». On sent l’indignation du fils, qui voit son père se faire traiter de façon injuste pour un savant de son rang.

Sima Qian créé, avec la complicité de l’empereur, un nouveau calendrier, fondé sur la « vertu de la terre », la couleur jaune, le Centre et le chiffre cinq.

Wudi invente un « Bureau de la musique » et nomme un fonctionnaire chargé de choisir les musiques des cérémonies et des fêtes de la cour. On apprend de Sima Qian que « La baguette de jade rythme le corps des danseurs qui bougent en cadence. Ils évoluent ensemble comme les ailes d’un papillon qui se réunissent puis vont et viennent en volant ».

Quand Wudi condamne un général, qui s’est rendu aux ennemis Xiongnu au cour d’une bataille, Sima Qian prend sa défense auprès de l’empereur. Wudi punit son Astrologue pour l’audace de remettre en question sa décision. Le sujet de l’empereur, trop pauvre pour racheter sa peine, est castré.

Sima Qian décède vers 86 av.J.-C. Il laisse « Mémoires historiques » (Shiji) considéré comme le premier ouvrage traitant de l’histoire de la Chine dans son ensemble.

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