Feu à Rome

Dans la nuit du 18 au 19 juillet de l’année 64, les entrepôts de Rome, situés près du Grand Cirque, prennent feu. Attisées par un vent violent, les flammes montent vite vers le Palatin. Elles atteignent les quartiers longeant le Quirinal, le Viminal et l’Esquilin.
L’incendie fait rage pendant sept nuits. Rome est devenu un four gigantesque, où les flammes et la chaleur dévastent tout sur leur passage, ne laissant aucune chance à de nombreux habitants de sauver leur vie ou leurs biens.
Et le feu renaît dans un autre quartier. Le désordre et partout, la panique gagne la ville, l’obscurité de la nuit entraîne la peur. Les soldats, chargés de la prévention et de l’extinction des incendies, sont dépassés.
Le neuvième jour le feu s’éteint. Rome n’est plus que ruines. Désormais, les oeuvres d’art, ramenées de Grèce et d’Orient, sont détruites. Les manuscrits des bibliothèques publiques, transformés en torches brûlants, sont perdus à jamais.
Après le drame, on commence à rassembler ses esprits, le restant de ses affaires, on cherche des nouvelles de ses proches et de ses voisins. Et une rumeur se propage dans la ville meurtrie : Néron, désireux de reconstruire sa capitale à sa guise, aurait trouvé cette solution expéditive pour raser les vieux quartiers de Rome. D’autres sont persuadés, que l’empereur, cherchant inspiration pour la composition de son épopée la « Prise de Troie », aurait donné l’ordre d’incendier sa ville.
Les esprits s’échauffent, les rumeurs deviennent incontrôlables, on cherche le coupable.
La ferveur s’apaise, lorsqu’une accusation officielle est lancée contre une petite secte religieuse : celle des chrétiens, dont les rites mystérieux ont pu attirer la colère des Dieux adorés à Rome. Environ 200 chrétients sont arrêtés et brûlés vifs sous l’ordre de Néron.
Le grand historien latin Tacite (55-120) décrit l’incendie de Rome dans ses Annales,15, 38, espérant, que ce triste événement ne sera pas oublié.


