
Depuis quand l’humanité fait de la soupe? Probalement depuis, où elle a appris à faire bouillir de l’eau.
Vers 32 000 av. J.- C., autour du lac Mungo, en Australie, les gens mangeaient du poisson et des écrevisses. Ici, on a découvert des cheminées en argile, où ils préparaient leurs repas.
Vers 30 000 av. J.- C., dans une tombe à Cueva de Morin, en Espagne, on avait déposé des offrandes pour le défunt, entre autre de la viande rôtie.
Vers 3 880 av. J.-C., en Grande Bretagne, les maîtres des haches utilisaient leurs cheminées pour faire fondre du métal aussi pour les utiliser comme des fours, où ils faisaient rôtir de la viande de mouton et de porc, ainsi que du pain sur des pierres préchauffées.
Dans l’ancienne Egypte, on préparait différentes sortes de pain, de la bière, de nombreux plats avec de la viande de volaille ou des animaux domestiques, légumes et fruits.
Vers 2 900 av. J.- C., les habitants des Andes cultivaient des pommes de terre.
Et vers 800 av. J.- C., le riz devient l’aliment de base dans le menu des Chinois.
Avec le temps, les gens se rendent compte, que la nourriture, cuite au feu, devient meilleur et peut se conserver longtemps. Et la nature est tellement généreuse: elle donne de la viande, des herbes aromatiques, des fruits de mer. Combien la viande est délicieuse, quand on la fait rôtir…et quand on y ajoute des herbes. Mise dans un récipient adapté, elle libère son jus. Et si on ajoute de l’eau et on laisse la viande bouillir sur le feu…tout le monde va avoir faim!… les hommes après de longs jours passés à la chasse ou aux combats, ainsi que les femmes, consacrées au travail de la maison et aux soins des enfants.
Sur un continent, on fait bouillir de la viande, sur un autre, des pommes de terre, sur un troisième, du riz. Ici on met du poisson, là-bas des champignons, autre part encore des algues. Après qu’on ait mangé les aliments, il reste un chaud bouillon. Et que c’est bon, quand on y trempe un bout du pain sec! Alors, à la place de jeter le liquide et le vieux pain, on les servait encore comme un plat supplémentaire.
Dans l’empire Byzantin, le menu a été enrichi avec des recettes de soupe, venant d’Asie Moyenne.
En Grèce ancienne, quiconque voulait prendre des forces en journée, pouvait s’acheter de la soupe, vendue dans la rue en bol. Le chaud bouillon était proposé en plusieurs versions : avec des haricots, des petits pois ou avec des lentilles.
L’une des recettes la plus ancienne de soupe est préservée dans le « Livre culinaire », daté du IV ème siècle et atribué au Romain Apicius. Différentes sources écrites nous informent, qu’Apicius était un amateur inégalé de plats gourmands et raffinés. Et un bon vivant, qui passait une partie de son temps libre à chercher les meilleurs produits alimentaires, et l’autre…à table! Dans le livre, probalement selon son idée pour une recette de soupe, sont mentionnés huile d’olive, froment, viande, cervelle, cumin, vin, poivre, feuille de laurier et sauce fermentée de poisson.
Dans l’empire Romain, les riches citoyens adoraient manger …allongés et pendant des heures. Les plats servis à leurs tables étaient riches et variés, et le tout accompagné de vin. Les Romains aimaient les légumes et les épices comme poireau, carottes, menthe, persil et coriandre, avec lesquels ils préparaient des soupes.
Les recettes pour les soupes deviennent de plus en plus nombreuses et variées. A tel point, que dans la poésie du XIIe et XIIIe siècle, apparaissent même des poèmes, consacrés aux veloutés, aux soupes avec du lard, aux soupes avec des légumes ou avec des amandes et d’huile d’olive. De ces vers, on apprend, que la fameuse « soupe au vin » et en realité du pain, trempé dans du vin, c’est qui fut le repas préféré des soldats et des chevaliers du Moyen Age.
A cette époque, en Europe les soupes avec des petits pois et du lardon sont très prisées, ainsi que les soupes avec de la viande salée de baleine, avec du cresson, du choux et du fromage. Pour les pauvres, la soupe était le repas de résistance, servie deux fois par jour. Et pour les riches, elle devient une sauce qui complète les nombreux plats.
Les Français sont considérés comme les véritables maîtres des soupes, qui à la fin du XVe siècle créent plus de 70 nouvelles recettes. A cette époque, la cuillère n’existe pas encore. Elle fait son apparition sur la table au XVIe siècle. Avec le temps, la cuillère devient plus creuse et facile à tenir car sa poignée s’allonge. De nouveaux récipients métalliques font leur apparition en cuisine. Bien fabriqués et sofistiqués, ils permettent la cuisson des aliments à haute température, ainsi que la réalisation de recettes plus complexes.
En France, on commence à tremper les pâtes avec du bouillon. En Normandie, les soupes préférées, sont les soupes faites avec de la farine et des oeufs. Selon la légende, la célébre soupe à l’oignon a été créée par le roi de France Louis XV. Un soir, seul et affamé, il retourne dans sa cabane de chasse, où il n’y avait que de l’oignon, du beurre et du champagne. Avec ces produits, le roi se fit une délicieuse soupe !
Chaude ou froide, sous la forme de bouillon ou crème, légère ou épaisse, on prépare de la soupe partout dans le monde. Les recettes varient selon le climat, la saison, la croyance, les goûts et les aliments disponibles. C’est un plaisir sans fin, qui enchante nos papilles.
Le minestrone en Italie, le bortsch en Russie, le gaspacho froid en Espagne, le goulasch dans les pays slaves, la soupe à l’oignon en France, la soupe de pommes de terre au Népal, la soupe écossaise d’épautre en Grande- Bretagne, la soupe aux crevettes au Vietnam, la tempura (soupe aux nouilles udon) au Japon, le clowder (soupe épaisse) avec du poisson en Amérique, le velouté au potiron en Australie…



