Art

La mosaïque dans le monde Antique, partie 2

Les fleurs, la mer et les poissons par exemple étaient des ornements caractéristiques pour l’école africaine. Le Musée de Carthage expose un masque de pâte de verre, typique pour l’art de la mosaïque en Afrique du Nord. Les mosaïques de la villa de Piazza Armerina, en Sicile, sont un exemple de l’influence de l’école de Carthage. Une d’entre elles, réalisée en plusieurs couleurs, montre une scène de la chasse. Appelée « La Grande chasse », elle est datée vers 315-325. La mosaïque de pavement « Embarcation carthaginoise » a été créée à Ostie sur l’exemple de l’école africaine. Cette ville, qui fut un port de Rome dans l’Antiquité, est aujourd’hui ensablée. Une très belle mosaïque marine évoque des Néréides, des monstres marins et des petits Amours, qui illustre la naissance de Vénus. Longue d’environ 5 m, cette mosaïque se trouve au Musée de Tazoult-Lambèse en Algérie. Elle a été réalisée sous l’Empire romain par un Oriental, Aspasios, suivrant le modèle de l’école de l’Afrique du Nord.

Fascinés par l’Egypte, les artisants reproduisaient des scènes pittoresques de la vallée du Nil : des animaux comme les crocodiles, des navires à voile sur le fleuve, des temples égyptiens sur ses côtes. Dans la Maison du Faune, à Pompéi, une mosaïque a été inspirée de ce pays mystérieux de l’Afrique du Nord. Il s’agit d’une mosaïque de pavement, longue de 64 cm, gardée au Museo Nazionale de Naples. Datée du IIe s. av.J.-C., elle montre une scène avec des animaux (crocodile, hippopotame, oies) et des plantes typiques de la vallée du Nil.

Les esclaves, qui entouraient les riches Romains et s’occupaient de leur bien-être au quotidien, étaient aussi représentés sur de multiples mosaïques lors des fêtes : on les montre en train de porter les plateaux avec le pain et les gâteaux, les corbeilles avec les fruits, de servir le vin.

Le lit, meuble essentiel pour les Romains, figure sur de nombreuses mosaïques avec des scènes d’intérieur. Il servait à la fois de table de repas, de travail et de couche.

A Constantinople, en Syrie, en Palestine, l’art de la mosaïque connu un grand essor. Le Musée de Soueida, en Syrie, possède un très beau masque dionysiaque avec le visage d’un homme en mosaïque, posé dans un rinceau d’acanthe. Dans la mythologie l’acanthe évoque la fécondité et l’abondance, et tout comme la vigne, est l’un des symboles du dieu Dionysos. La mosaïque, datée de milieu du IIIe s., provient de Shahba-Philippopolis.

La mosaïque byzantine, très raffinée et colorée, a influencé l’art de l’Occident. Le Musée byzantin d’Athène expose une icône en mosaïque de grandes dimentions, 100 cm x 85 cm. La « Vierge à l’Enfant », appelée aussi Episkepsis (Protectrice), vient de Tryglia en Asie Mineure. Le visage de la Vierge est fait avec des tesselles de toute petite taille, plus grandes pour les mains et encore plus grandes pour les vêtements. Le maître de cette mosaïque a utilisé des couleurs vives comme le jaune. La basilique San Vitale de Ravenne abrite l’une des plus belles mosaïques byzantines, datées du VIe s. Ici on peut voir la magnifique mosaïque polychrome « Justinien et sa cour ».

La mosaïque chrétienne connait une évolution avec la diffusion du Christianisme et les invasions arabes entre le fin du IVe et le VIIe s. L’iconographie réligieuse, qui, en raison de son caractère sacré, ne pouvant pas être foulée aux pieds, fut représentée sur les murs. Ainsi, les figures hiératiques ornaient les murs des basiliques et les églises. On employait en particulièrement des cubes dorés, qui incarnaient symboliquement la lumière de Dieu. L’une des plus anciennes mosaïques chrétiennes, datée vers 250, fut découverte dans une tombe sous Saint-Pierre de Rome.

L’un des symboles de l’iconographie chrétienne, reproduit souvent, est la « Fontaine de vie » : il s’agit de l’image d’une fontaine, entourée toujours de plantes et d’oiseaux comme les paons, les coqs, les faisans etc. Un très joli exemple d’une telle « Fontaine de la vie » est sauvegardé à la basilique de Philippopolis, aujourd’hui la ville de Plovdiv en Bulgarie. Ici, les archéologues ont découvert une première couche couverte de mosaïques, datée de la fin de IVe et le début de Ve siècle. Elles présentent en général des motifs géométriques, que les Chrétiens empruntaient de la symbolique païenne. Une deuxième couche de mosaïques représente plus de 100 oiseaux appartenant à 12 espèces.

L’art de la mosaïque, développé par les artisans du monde Antique, connait encore aujourd’hui un grand succès. La technique d’assemblage décoratif de petites pièces (pierre, marbre, émail, verre) donne une combinaison d’images et les couleurs employées animent la surface.

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